Pardon, I'm french.

talkingaboutlou In london

Parlons cheveux.

Si t’es un monsieur je concois largement que ce post t’échappes. 

Mais ca te concerne quand meme. Si tu as des cheveux j’entends.
Londres la premiere chose qui m’a choquée- entre toutes- c’est l’odeur.
Ici tout le monde bouffe. A tout heure. De la merde. Souvent en take away.
Les food poison sont legions. Et les ballonements font partis du quotidien de chacun. Ouais. C’est la loose dans l’estomac. Je sais.
Et donc vu que tout le monde mange. Tout le temps. Partout. Bah en fait. Ca pue la bouffe du coup. Tout le temps. Partout. (et les flatulences, mais c’est un autre sujet).
Le graillon. La graisse chaude. La merde huileuse.
Ouais c est hyper glamour.
Bon a paris entendons nous bien ca pue la merde de chien.
Chacun…sa merde, donc.
Et tu vois. Le probleme, c’est que les cheveux… Ca s’empare de l’odeur et la diffuse en continue jusqu au premier shampoing.
Ouais. Les cheveux ondulés par l’humidite iodée du bord de mer sentant chaleur, soleil et produits Fekkai… Bah, tout ça, c’est fini.
J’ai les cheveux long… Que je laisse poussé encore et encore, si toutefois le détail t’intéresse. J’en ai genre un bon paquet et bien epais. Ondulés qui plus est.
En gros j’ai été gâtée par la nature.
Sauf qu’évidemment ils sont secs a tendance grasses aux racines.
Pour ne pas les traumatiser j’avais l’habitude de les laver tous les 3 jours. 
Ca c’etait avant, dans un pays ou l’on connait la définition exacte du mot légume et du mot beurre.
Ouais ça c’etait avant.
Mais depuis londres. Mes cheveux puent. Et virent au gras… Une fois sorti de chez moi.
Soit si t’as pas compris. Tout le temps.
Oui. Moi aussi j’appelle ca un probleme essentiel.
Quand ton boulot c’est maquilleuse et que tu vends de la beauté à 100£ le centilitre je t’assure que ça devient un vrai probleme.
Je te présente donc, aujourd’hui, en exclusivité pour ton plaisir.
Ma recette anti crise du cheveux qui puent Londres.
Je les lave tous les deux jours. Avec un shampoing spécial cheveux secs… Parce que j ai plus de longueurs que de racines tu comprends, donc je choisis le pourcentage gagnant, en gros.
Je mets un apres shampoing special cheveux qui souffrent. Pour démêler essentiellement.
Et puis ensuite je mets Furterer Karité soin sans rincage cheveux très secs, abîmés.
Je sèche mes cheveux tête en bas pour les décoller les racines du cuir chevelu.. Ca graisse moins vite du coup. 
Et les racines sèches et décollées j’utilise le soin Furterer Acanthe Cheveux Bouclés velouté sans rinçage, perfecteur de boucles. Et je peux t assure que mes boucles ont jamais ete aussi jolies…
Le lendemain je mets un pschitt de shampoing sec Klorane que je laisse poser le temps de me maquiller, je me debarasse de la poudre blanches difficilement et j’attache le tout dans un charmant chignon à la parisienne…
Voilà donc, mon secret. Ou comment je fais semblant de pas du tout souffrir de la mauvaise odeur s’échappant des conduits d’aération graisseux des restaurants de quartier.
Bientot promis je te parle de ma peau. Qui a vire de seche à ’au secours je suis grise je vais mourir’.
Je sais. Ma vie est passionnante.

Vis ma vie fantastique.

Tu sais des fois. Plus souvent à la télé qu’ailleurs. On entend des histoires incroyables.
Sur ces gens qui se sont rencontrés dans des circonstances plus qu’hasardeuses.
Ces jours-là tu te dis que finalement, oui, peut-etre que le destin existe. T’as envie d’y croire.
Mais bon comme au fond ca n’arrive, étrangement, jamais à toi et que de plus, on sait  tous que la vie hollywoodienne n’est valable que dans ses films.. On oublie.
Jusqu’au jour où.
Je commencais mon nouveau travail le 12 mars.
Je le savais tres bien. 
Alors quand j’ai pris mes billets d’avion direction le plus bel endroit du monde (la France, si tu suis pas) j’ai évidemment pris mon billet retour pour le 11.
Quelques jours plus tard… J’apprends que finalement le 12 je ne travaillerai pas et je commencerai le 13.
Tant mieux je pourrais me reposer dans ma nouvelle chambre, m’inscrire à la salle de sport, sortir le dimanche soir, manger un english breakfast. Etc.
Ca c’est ce que je pensais jusqu’au moment où ma valise fin prête, je decide de m’enregistrer en ligne et decouvre -qu’une fois de plus- j’ai réservé mon billet le mauvais jour. Le 12.
Bon, a part être énervée contre moi meme, parce que ‘quelle cruche je peux faire’. Ce n’etait pas si grave.

Mes parents ayant enfin compris que je ne reviendrai pas a la maison. Enfin que ce  n’était pas dans mes plans, là, maintenant, tout de suite, ont décidé depuis quelques mois maintenant de louer les chambres vides à des personnes voulant participer a un sejour linguistique.

Tous ces détails, ô combien intéressants, juste pour te signifier que ce fameux dimanche où je devais initialement partir, ils devaient récupérer à l’aéroport après m’avoir moi même déposée, un jeune homme.
Donc si t as bien tout suivi je n’étais pas du tout sensé le croiser…
Et là, t’as le suspens qui monte, qui monte, qui monte.
J’ai donc décidé, de passer mon dimanche au soleil, sur la plage, à regarder les vagues.
Mais comme d’habitudes. Au bout d’une heure, je m’ennuyais sévère. Alors je suis rentrée. Sachant que m’attendait avec mes parents un parfait étranger.
Ce que j’ignorais, c’était son potentiel ravageur.
Charmant jeune homme, au métissage savamment étudié, au sourire sincère et aux manières plus que délicates n’aura, malgré lui, pas mis plus de 2 minutes à me séduire.
Je te raconte le moment où il me dit qu’en fait, il retourne s’installer dans sa ville natale, une semaine plus tard ? Je te le donne en mille. London ? 
A une station de métro de chez moi. Pour être précise.
Non. Je te le raconte pas.
Bien sûr. Je t’invite au mariage. 

L’ete avant l’heure.

Marcher pieds nus dans le sable. Regarder la mer danser. Plisser les yeux sous les rayons du soleil. Manger les pates de maman. Et des macarons la duree. Payer 5 euros un Perrier citron/rondelle. Avoir chaud. Oublier 5 minutes que la vie est ce qu’elle est. Regarder le ciel, n’y voir aucun nuage. Sentir l’odeur de la crème solaire. Se dire qu’on est toujours en hiver. Regarder les joggeurs.

Et puis. Mettre les pieds dans l’eau. Juste pour dire ce qu’on savait deja. Qu’elle etait froide. 

Ma France. Depuis que je t’ai quitté, je ne t’ai jamais autant aime. 

London, I love you.

Le problème de Londres. C’est que tu n’as le temps de rien. Spécialement quand tu es en vacances. 

Oui, parce que j’ai décidé de prendre quelques vacances avant de commencer mon nouveau super duper travail.

Donc. Tu as plein de choses à faire. Payer ton loyer. Ou acheter des draps. Et puis manger aussi. Ou appeler tes parents. Non parce qu’à la limite payer le loyer en retard ou ne pas se nourrir on s’en fout. Mais ne pas appeler tes parents, c’est un peu comme recevoir un camion double remorque chargé à la culpabilité en pleine face.

Mais t’as aussi plein de gens à voir. Et c’est cool de passer du temps avec les gens. Alors tu fais pas la moitié. 

Parce qu’à londres. En fait. Tu rencontres plein de gens. Tout le temps. Partout.

Et des fois dans des contextes inattendus. 

Hier soir, vers 21h30, j’arrive en bas de chez moi, aucune lumière… un truc assez creepy. Je me suis dit “Mon dieu, si c’est pas un renard qui me mange c’est un mec qui me viole”. Bon. Ok. J’ai tendance à exagérer légèrement. 

La porte était ouverte. De l’immeuble, j’entends. Et aucune lumière dans l’escalier. C’était presque excitant cette histoire. Dans le sens, suspens. Va pas croire des choses salaces.

Tous les voisins (ou presque) étaient réunis sur mon pallier. 

Coupure de courant dans tout l’immeuble. Rétablissement prévu avant 23h. Jusque là.. Impossible de faire à manger, ou de zoner sur le net. Laptop sans batterie, pour ma part, l’option film était même pas envisageable.

Donc on a papoté, tous ensemble, jusqu’à s’installer chez Lolita ma voisine de pallier qui a déjà bien vécu et qui était tellement heureuse de pouvoir partager un moment avec des êtres humains.

Finalement on a tous échangé nos numéros, et on a prévu de dîner, sometimes. Tout ça autour de quelques bougies.

Quand la lumière s’est rallumé, personne n’a osé rentrer chez soi straight away. 

On est tous resté dans le salon de Lolita, confortablement installés.

Alors c’est pas beau… London ?

Et un jour, je suis devenue corporate.

Alors voilà. Le truc c’est qu’après des mois d’acharnement sur mes concitoyens, amis, membres de ma famille à prôner écologie et simplicité volontaire… il n’en a pas fallu moins pour oublier tous mes préceptes.

Je n’ai jamais compris pourquoi on ne me prenait pas au sérieux. Pourquoi on me regardait comme si je finissais ma crise d’adolescence. Pourquoi ça faisait bien rire tout le monde.

Bah peut-être parce que finalement, c’était juste drôle.

Non parce que quand en 3 mois à Londres on a acheté 8 nouvelles paires de chaussures. Qu’on a une carte de paiement Starbucks et qu’on passe ses journées à Selfridges. On perd un peu de légitimité quant à s’indigner de la société de consommation.

Surtout lorsque l’on trouve des Pierre Hardy à 55£, un pantalon Chloé à 88£ et un pantalon Joseph à 21£. (et si c’était seulement ça. Londres va me ruiner.)
L’adresse secrète c’est donc. Joseph, 53 Kings Road, tube station: Sloane Square. On passerait devant sans s’arrêter. Mais trouver du Givenchy, du Marni et du Alexander Wang à -90%, ça vaut le détour. Quand même. Pour la parenthèse.

Enfin tout ça pour dire qu’un jour. J’ai eu une proposition. Après des années de galère. -Parce que choisir l’école de la vie, sur le papier ça fait joli. Mais en vrai, c’est un monde de désillusions et d’injustices. Après des années de shit jobs en tout genre, de caissière à femme de ménage en passant par hôtesse d’accueil ou pionne. 
Ouais. Et puis j’en passe.

Quand après ces 36 vies, on te propose un poste qui semble presque être fait pour toi. Bah même avant d’avoir commencé. Tu deviens ce que j’appelle… corporate. Et le pire.
C’est que tu kiffes ça.

La semaine prochaine, j’entame mon nouveau travail. Qui sonne comme une carrière.

Maquilleuse pour By Terry. Et quand tu travailles pour une marque que tu aimes parce qu’elle véhicule les mêmes valeurs que toi (et je ne parle plus d’écologie et de simplicité volontaire, bien entendu) et que les produits sont amazing. Tu kiffes (bis). Et je le répète tu deviens corporate.

A ce moment précis, je visualise la tête de mon meilleur ami, qui après des années à m’avoir supportée le traiter de sale capitaliste, doit bien rire.

Donc voilà. Je vais être amené à travailler à travers l’Angleterre, jusqu’à Edimbourg, Dublin et Belfast. Pour vendre une marque dont la rose est à la base de presque tous les produits.

Oh Luxe. Quand tu me tiens.

Avant ça je te laisse admirer ma magnifique nouvelle tenue de travail, ainsi que mes nouveaux outils, déjà testés, approuvés, et adoptés. 

Et là j’ai envie de te dire. Oui, à Londres. L’inattendu, l’impossible, les rêves se réalisent.