En fait. J'ai demenage. Maintenant, ca se passe ici.
Clique. Clique. Clique.
Clique. Clique. Clique.
Si t’es un monsieur je concois largement que ce post t’échappes.
Mes parents ayant enfin compris que je ne reviendrai pas a la maison. Enfin que ce n’était pas dans mes plans, là, maintenant, tout de suite, ont décidé depuis quelques mois maintenant de louer les chambres vides à des personnes voulant participer a un sejour linguistique.
Marcher pieds nus dans le sable. Regarder la mer danser. Plisser les yeux sous les rayons du soleil. Manger les pates de maman. Et des macarons la duree. Payer 5 euros un Perrier citron/rondelle. Avoir chaud. Oublier 5 minutes que la vie est ce qu’elle est. Regarder le ciel, n’y voir aucun nuage. Sentir l’odeur de la crème solaire. Se dire qu’on est toujours en hiver. Regarder les joggeurs.
Et puis. Mettre les pieds dans l’eau. Juste pour dire ce qu’on savait deja. Qu’elle etait froide.
Ma France. Depuis que je t’ai quitté, je ne t’ai jamais autant aime.
Le problème de Londres. C’est que tu n’as le temps de rien. Spécialement quand tu es en vacances.
Oui, parce que j’ai décidé de prendre quelques vacances avant de commencer mon nouveau super duper travail.
Donc. Tu as plein de choses à faire. Payer ton loyer. Ou acheter des draps. Et puis manger aussi. Ou appeler tes parents. Non parce qu’à la limite payer le loyer en retard ou ne pas se nourrir on s’en fout. Mais ne pas appeler tes parents, c’est un peu comme recevoir un camion double remorque chargé à la culpabilité en pleine face.
Mais t’as aussi plein de gens à voir. Et c’est cool de passer du temps avec les gens. Alors tu fais pas la moitié.
Parce qu’à londres. En fait. Tu rencontres plein de gens. Tout le temps. Partout.
Et des fois dans des contextes inattendus.
Hier soir, vers 21h30, j’arrive en bas de chez moi, aucune lumière… un truc assez creepy. Je me suis dit “Mon dieu, si c’est pas un renard qui me mange c’est un mec qui me viole”. Bon. Ok. J’ai tendance à exagérer légèrement.
La porte était ouverte. De l’immeuble, j’entends. Et aucune lumière dans l’escalier. C’était presque excitant cette histoire. Dans le sens, suspens. Va pas croire des choses salaces.
Tous les voisins (ou presque) étaient réunis sur mon pallier.
Coupure de courant dans tout l’immeuble. Rétablissement prévu avant 23h. Jusque là.. Impossible de faire à manger, ou de zoner sur le net. Laptop sans batterie, pour ma part, l’option film était même pas envisageable.
Donc on a papoté, tous ensemble, jusqu’à s’installer chez Lolita ma voisine de pallier qui a déjà bien vécu et qui était tellement heureuse de pouvoir partager un moment avec des êtres humains.
Finalement on a tous échangé nos numéros, et on a prévu de dîner, sometimes. Tout ça autour de quelques bougies.
Quand la lumière s’est rallumé, personne n’a osé rentrer chez soi straight away.
On est tous resté dans le salon de Lolita, confortablement installés.
Alors c’est pas beau… London ?
Alors voilà. Le truc c’est qu’après des mois d’acharnement sur mes concitoyens, amis, membres de ma famille à prôner écologie et simplicité volontaire… il n’en a pas fallu moins pour oublier tous mes préceptes.
Je n’ai jamais compris pourquoi on ne me prenait pas au sérieux. Pourquoi on me regardait comme si je finissais ma crise d’adolescence. Pourquoi ça faisait bien rire tout le monde.
Bah peut-être parce que finalement, c’était juste drôle.
Non parce que quand en 3 mois à Londres on a acheté 8 nouvelles paires de chaussures. Qu’on a une carte de paiement Starbucks et qu’on passe ses journées à Selfridges. On perd un peu de légitimité quant à s’indigner de la société de consommation.
Surtout lorsque l’on trouve des Pierre Hardy à 55£, un pantalon Chloé à 88£ et un pantalon Joseph à 21£. (et si c’était seulement ça. Londres va me ruiner.)
L’adresse secrète c’est donc. Joseph, 53 Kings Road, tube station: Sloane Square. On passerait devant sans s’arrêter. Mais trouver du Givenchy, du Marni et du Alexander Wang à -90%, ça vaut le détour. Quand même. Pour la parenthèse.
Enfin tout ça pour dire qu’un jour. J’ai eu une proposition. Après des années de galère. -Parce que choisir l’école de la vie, sur le papier ça fait joli. Mais en vrai, c’est un monde de désillusions et d’injustices. Après des années de shit jobs en tout genre, de caissière à femme de ménage en passant par hôtesse d’accueil ou pionne.
Ouais. Et puis j’en passe.
Quand après ces 36 vies, on te propose un poste qui semble presque être fait pour toi. Bah même avant d’avoir commencé. Tu deviens ce que j’appelle… corporate. Et le pire.
C’est que tu kiffes ça.
La semaine prochaine, j’entame mon nouveau travail. Qui sonne comme une carrière.
Maquilleuse pour By Terry. Et quand tu travailles pour une marque que tu aimes parce qu’elle véhicule les mêmes valeurs que toi (et je ne parle plus d’écologie et de simplicité volontaire, bien entendu) et que les produits sont amazing. Tu kiffes (bis). Et je le répète tu deviens corporate.
A ce moment précis, je visualise la tête de mon meilleur ami, qui après des années à m’avoir supportée le traiter de sale capitaliste, doit bien rire.
Donc voilà. Je vais être amené à travailler à travers l’Angleterre, jusqu’à Edimbourg, Dublin et Belfast. Pour vendre une marque dont la rose est à la base de presque tous les produits.
Oh Luxe. Quand tu me tiens.
Avant ça je te laisse admirer ma magnifique nouvelle tenue de travail, ainsi que mes nouveaux outils, déjà testés, approuvés, et adoptés.
Et là j’ai envie de te dire. Oui, à Londres. L’inattendu, l’impossible, les rêves se réalisent.